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2000, Articles, Raiati

LA DIFFERENCE ENTRE UN CONSEIL ET UN ORDRE / le 30 janvier 2000 / N*5

Je ne parle pas ici de la relation entre l’higoumène d’un monastère et le moine qui y réside en ce qu’il s’agit de l’obéissance. Beaucoup de choses ont été écrites sur cette relation fondée sur la douceur et l’humilité du père spirituel et sur le fait qu’il enfante les autres dans le Christ. L’obéissance est basée sur les vertus du père spirituel car le monastère n’est pas une caserne. Et quand l’apôtre Paul nous décrit comme des soldats du Christ, il ne parle que du sérieux de notre engagement envers Lui et en cela, il ne compare pas l’Eglise à une armée.

Le Christ seul nous commande car Il est le Seigneur et Il a la parole du salut et mérite d’être obéi car Lui-même a obéi au Père et s’est donné jusqu’à la mort, la mort sur la Croix. Nous obéissons à ceux parmi les humains qui se sont dépouillés du «moi», ont atteint une grande maturité spirituelle et reçu l’illumination, ils orientent sans passion ni intérêt quelconque ni par désir de domination. Denis l’Aréopagite, un écrivain de nos contrées apparu au début du VIème siècle, dit que: l’on fait prêtre celui qui a reçu l’illumination. Cela veut dire que tu ne lui obéis pas parce qu’il a été ordonné prêtre, mais qu’il a été ordonné prêtre parce qu’il a reçu l’illumination et qu’on l’a remarqué. Le sacerdoce en lui-même ne donne ni maturité spirituelle ni paternité spirituelle. Ce n’est pas le fait d’élever un homme a une dignité qui fait qu’il devient libre de toute passion et par conséquent apte à orienter. Seul l’Esprit Saint qualifie pour une véritable orientation.

L’Eglise ayant bien compris tout cela, n’accorde pas au prêtre le droit de confesser du fait de son ordination, mais elle attend que l’Esprit descende sur lui et qu’Il lui donne la maturité pour lui conférer le droit d’orienter les gens. C’est dans le domaine de l’espérance que nous souhaitons pour lui de recevoir le don de la paternité spirituelle. En vérité, nous lui conférons seulement le droit d’absoudre les péchés mais il ne deviendra pas un directeur de conscience automatiquement, ceci est étroitement lié à sa proximité avec le Christ.

Il faudra tout aussi bien qu’il étudie la Sainte Ecriture, qu’il pratique la prière profonde et fervente et qu’il se purifie de ses péchés. S’il ne suit pas une telle démarche avec beaucoup d’intérêt, il ne prononcera pas les paroles qui lui viennent de l’Esprit. Celui qui se sait faible, qu’il absolve les gens de leurs péchés sans rien dire, le sacrement de pénitence est ainsi accompli. La véritable direction spirituelle est enseignée par l’Esprit Saint et tu ne la trouves pas dans les livres.

Mais si l’Esprit t’inspire d’oser quelque chose, ose alors un conseil et non un ordre. En cela Nicon, l’higoumène d’un des monastères russes, décédé en 1963, a écrit, dans une lettre datant de 1951, suivant l’enseignement de Saint Ignace Briantchaninov: «Je vous rappelle que je n’exige de personne qu’il applique mes conseils en tout état de cause. Le conseil n’est qu’un conseil mais la dernière décision revient à la personne qui demande ce conseil». Il avait vu que les prêtres de son époque, dans des circonstances définies, n’étaient pas à même de découvrir réellement la volonté de Dieu, mais qu’ils pouvaient simplement expliquer Ses commandements. Et c’est ainsi que le père Nicon a précisé à l’une de ses filles spirituelles qu’il fallait qu’elle le considère plus comme un compagnon de route que comme un père spirituel. Il lui a dit qu’elle ne devait pas voir en lui quelque chose de plus que ce qu’il est, qu’elle se sente libre de s’éloigner de lui si elle percevait que ses conseils ne lui étaient pas profitables. N’ayant pas de père spirituel, il s’était réfugié dans la lecture et la prière qui sont salutaires quand nous ne trouvons pas de pères spirituels possédant le don du discernement.

Il est tout aussi clair que si tu orientes, il ne faut pas que tu tues la personnalité du fils spirituel, car tu ne penses pas à sa place. Laisse-le réfléchir, grandir et prendre ses responsabilités devant Dieu. «Nul ne peut résoudre pour autrui les problèmes que lui posent la vie» (Henri Bergson). Ne brise pas l’intellect de qui que ce soit ni non plus son cœur; Dieu dit: «Mon fils, donne moi ton cœur».

Aide-le afin que son cœur s’élève vers Dieu. Il s’appuie sur toi et tu l’amènes jusqu’aux pieds du Maître, dépose-le là-bas et disparaît.

Traduction d’un article

paru dans le bulletin diocésain Raïati

 no5 en date du 30 janvier 2000.

Bulletin « Le Bon Pasteur » n°2 – septembre 2005

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1999, Articles, Raiati

Dimanche de Thomas / le 18/4/1999 / N*16

Le soir du jour de la Résurrection, le Seigneur est apparu à ses disciples. Thomas n’était pas avec eux. A son retour à la chambre haute, ils lui dirent: « Nous avons vu le Seigneur ». Cela c’est la plus grande joie. Mais Thomas dit: « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous la marque des clous, et si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous et si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous et ma main dans son côté, je ne croirai pas ».

Thomas voulait comprendre. Il semblait dire aux autres disciples: qui vous a dit que la vision que vous avez vue aujourd’hui est le Maître qui a été crucifié? Pour cela j’insiste pour voir la marque des clous sur le corps du Seigneur.

Huit jours après la première vision Jésus entra chez eux « les portes étant closes », il se tint au milieu et dit: « Paix à vous ». Puis il dit à Thomas: « Porte ton doigt ici et voici mes mains, avance ta main et mets-la dans mon côté ».

Thomas est le plus grand témoin parcequ’il a prouvé quelque chose d’unique: que celui qui est apparu aux disciples est celui-là même qui a été crucifié. Le doute a été utile pour que nous croyions nous. Nous sommes devant une résurrection réélle, devant une continuité du corps crucifié au corps réssuscité.

Si nous passons de cette scène à un examen personnel, nous trouvons que la vie est mélange de joie et de tristesse, de santé et de maladie et ce au niveau de chaque individu. au niveau de la vie de l’Eglise dans chaque paroisse, dans chaque diocèse et dans le monde. Partout il y a lumière et ténèbres, travail dur et consolations. Nous voyons des personnes croître en Christ et leur coeur se renouvelle. D’autres nous choquent et nous déçoivent. Nous dépassons la déception par l’espérance, l’insulte par le pardon, l’ennui par la persévérance.

La foi exige que chacun dépasse son obstination, son repli sur lui-même, d’être cramponné à ses idées. Rien ne tue comme le durcissement des opinions qui nous fait refuser l’autre. Rien n’est essentiel pour nous comme de croire que nous sommes de passage ici-bas et que personne n’est irremplaçable ni dans sa vie ni dans sa mort; la terre continuera de tourner autour du soleil, les plantes continueront à pousser, les animaux à vivre et les êtres humains à s’élever.

Rien n’est essentiel comme d’accepter les autres avec leurs blessures, leurs défauts, leur beauté et leur chute. Rien n’est aussi important que d’admettre aux autres leur droit à la différence. Rien n’est aussi important que l’amour. L’amour est la résurrection continue. Seul l’amour rend possible la communion à la Parole du Seigneur, à son corps et à son sang, et la communion au frère dans son mystère.

Aimer c’est étendre le Christ en soi et aux autres. Et si Jésus entre en eux -les portes d’eux-mêmes étant closes- il brisera les portes et habitera en eux par l’Esprit Saint.

                                                                                                                                                                                                                                                               L’effort que le Seigneur nous demande de fournir au temps de la Résurrection c’est qu’il n’y ait plus de foyers de haine, de tension ou de rancune qui causent la ruine d’un diocèse. Notre diocèse n’est pas entièrement ressuscité avec le Christ. Il y a des fractures dans certaines paroisses, là où nous ne nous acceptons pas les uns les autres. La fracture peut être réduite si certains sont relevés par l’amour. Quand viendra notre consolation par la réconciliation générale, l’un des attributs du Christ étant la paix?

traduit de l’arabe.أحد توما

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1999, Articles, Raiati

Saint Jean Climaque / le 21/3/1999 / N*12

Les trois premiers dimanches du Carême insistaient sur la doctrine (dimanche de l’Orthodoxie, dimanche de saint Grégoire Palamas et dimanche de la Croix). L’étape suivante insiste sur l’ascèse. Nous faisons d’abord mémoire de saint Jean appelé Climaque parce qu’il a écrit un livre sur l’ascèse intitulé « l’Echelle Sainte » (Climax en grec veut dire échelle). Il est né après la moitié du 6ème siècle et il a vécu au Sinaï en tant que moine puis en tant qu’higoumène du monastère.

Il a comparé le chemin vers Dieu à une échelle montante composée de marches que le fidèle gravit l’une après l’autre pour arriver au Christ. Les icônes nombreuses qui représentent cette échelle montrent que certains ont gravi quelques marches, d’autres tombent après être presque arrivés au sommet. Tout lecteur de ce livre sent que l’auteur parle de vertus qu’il a pratiquées lui-même. Il fait sans doute partie de ceux qui sont arrivés. Nous poursuivons le combat, dit-il « jour après jour, feu après feu, piété après piété et zèle après zèle ». Qui dit ces paroles ne peut que les avoir vécues.

Saint Jean a prié quarante ans sans discontinuer, dévoré par l’amour divin, essayant de cerner, dit-il, « ce qui est incorporel dans le corps ». Il savait – et c’est dans son livre – que celui qui a brisé le sceau de sa pureté, qui s’est éloigné de ses consolations divines, qui a enfreint sa promesse à Dieu, et qui est triste à cause de cela, celui-là est capable de se mortifier par l’ascèse s’il lui reste une étincelle d’amour et de crainte de Dieu.

L’Eglise sait, en posant ce modèle ascétique devant nos yeux, que les moines sont peu nombreux, voire rares. Nous pouvons, nous faire comme saint Jean Climaque, chacun chez lui et dans son travail. La beauté spirituelle n’est pas liée à un rang ou à un ordre. Nous croyons que le laïc, dans sa vie familiale, dans son travail et toute sa vie dans le monde, est capable de toute sanctification. L’être humain, homme ou femme, quel que soit sa culture, est capable d’accomplir les combats spirituels qui visent à acquérir la pureté dans toutes ses expressions, la chasteté, la douceur et l’humilité. Il lutte au repos et dans la fatigue, pendant la guerre ou pendant la paix, dans la pauvreté ou dans la richesse parce que le Christ est Un. Il inspire l’un et l’autre, prend soin de tous et donne à chacun de nous la grâce selon son besoin parce qu’il veut que tous soient sauvés et que tous viennent à la connaissance de la vérité. Pour cela nul n’est excusable.

Personne ne peut prendre sa richesse comme prétexte à l’orgueil et à la dureté du cœur. Nul ne peut, à cause de sa notoriété, s’élever et mépriser les frères. Pour cela saint Jean Climaque insiste pour que nous battions un vice après l’autre et que nous acquérions une vertu après l’autre; tout cela dans la joie. Nous brûlons d’un feu après l’autre après l’autre, d’un enthousiasme après un enthousiasme. La joie est peut-être le signe idéal que Dieu habite dans nos cœurs. Celui qui a perdu l’enthousiasme pour le Christ et pour son Evangile, celui qui tiédit quand il rencontre un pauvre, le feu est éteint en lui et il n’est plus que cendres froides.

Pour cela l’évangile d’aujourd’hui nous dit: « Si tu peux croire, tout est possible à celui qui croit » (Marc 9: 23). Croire c’est faire de ton cœur le lieu du Seigneur qu’il ne partage avec personne. Et pour que nous croyions pas que c’est facile, le Seigneur a dit: « Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière » (Marc 9: 29). Le mouvement de Dieu vers nous est la foi qui nous vient de Lui. Notre mouvement vers Dieu est la prière qui garde la foi en nous; et devant nos yeux s’ouvre le chemin vers le Crucifié que nous embrasserons avec plus de ferveur à la fin du Carême.

traduit de l’arabe.القديس يوحنا السلمي

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1999, Articles, Raiati

L’esprit du jeûne / le 21/2/1999 / N*8

Demain, avec l’aide de Dieu, nous commençons la saison bénie que vous connaissez tous: le temps de l’ascèse au monde, le temps de l’abstinence, le temps de l’exercice au bien. Et pour ne pas transformer le jeûne en une simple affaire d’alimentation, nous lisons aujourd’hui un texte de saint Mathieu où l’on parle de pardon et d’un trésor qu’il faut chercher. Ce texte nous parle aussi de la joie de ceux qui jeûnent.

« Si vous remettez aux hommes leurs manquements, votre Père céleste vous remettra aussi. Et si vous ne remettez pas aux hommes votre Père non plus ne vous remettra pas ». Le jeûne est donc le temps de rencontre, le temps de vivre la fraternité. Tu pardonneras à tout pécheur si tu es capable de le voir dans son repentir comme aimé par Dieu. Même ceux que tu croyais parfaits, s’ils tombent dans l’erreur, tu devras dépasser leurs fautes car Dieu les accepte eux. Le plus important est de pardonner à ceux qui te font du mal, qui préméditent de te faire du mal, de t’humilier, de t’abaisser. Tu pardonneras à tous à commencer par les membres de ta famille si elle est le lieu de ta négligence. Si un homme néglige sa femme ou si elle le néglige, s’il est dur avec elle ou vice-versa, si un enfant n’écoute pas ses parents, tout cela ne peut être guéri que par le pardon et continuer à vivre dans le don inconditionnel. Tu aimes réellement les membres de ta famille pour qu’ils s’épanouissent, pour qu’ils puissent supporter la vie dure. Tu es responsable de porter les tiens vers Dieu, et ce dans les plus petits détails du quotidien.

Et si tu leur pardonnes, ils connaîtront Dieu plus qu’avant. Le secret de l’amour est qu’il n’attend rien en retour. L’amour porte toujours des fruits qui apparaîtront plus tard aujourd’hui peut-être ou demain …

Le second thème de cet évangile est : »Quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage pour que ton jeûne soit connu, non des hommes, mais de ton Père qui est là dans le secret ». Les pharisiens hypocrites n’étaient pas ainsi. Le chrétien ne montre pas ses vertus. Les vertus brillent d’elles-mêmes. Le chrétien n’accepte pas qu’on dise de lui, en sa présence, qu’il est pieux. Il refuse l’éloge. Il ne s’enorgueillit pas de son intelligence, ni de sa richesse ou de sa beauté. Il laisse Dieu le juger. Il se voit pauvre en tout. Son cœur tend verticalement vers le Christ; il regarde les frères avec les yeux du Christ.

Le troisième thème est : »Ne vous amassez point de trésors sur la terre … car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ». L’une des dimensions du jeûne est que nous vivons cette période de l’année comme les pauvres, parce que nous devons économiser sur le prix de la nourriture pour donner l’argent à nos frères pauvres. Cette participation fait partie du jeûne. C’est la dimension horizontale de l’ascèse (l’exercice). Car après t’être éloigné du monde par la métanie, après que tu te sois élevé, tu redescendras vers les autres, et tu leur porteras Dieu qui est en toi. Alors tu les trouveras plus importants que l’argent que tu adorais. Tu sentiras alors, si tu crois à l’ascèse du jeûne, que l’argent dont tu voulais jouir pour toi-même, est devenu propriété des autres, parce que si tu atteints  l’amour divin tu ne seras plus attaché aux choses de ce monde.  Si tu utilises l’argent pour mener une vie de luxe, si tu es pris par lui, si tu comptes sur lui, il devientdra une catastrophe pour toi. L’argent deviendra une grâce pour toi s’il est le moyen de te rapprocher des frères plus pauvres.

Si tu veux t’accrocher à Dieu, tu devras annuler ton désir de l’argent. (des possessions). L’esclave des passions ne peut pas être l’esclave de la justice. Si tu anéantis les désirs en toi, tu te retrouveras assoiffé du visage de Dieu, le seul qui reste. Si tu découvres que l’argent n’est pas un trésor, alors ton cœur sera rempli de Dieu. Alors Dieu deviendra pour toi tout but, tout désir.

L’ascèse de ce jeûne t’a été donnée comme un chemin vers la joie en Christ. Lorsque cette joie viendra sur toit, tu seras arrivé petit à petit à la Résurrection. Ta résurrection viendra du pardon et du dépassement de la vanité. Lorsque l’Esprit Saint sera sur toi pendant le jeûne, alors tu apprendras à devenir un être pascal.

Traduit de l’arabe.

Texte original: روح الصيام

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1995, Articles, Raiati

Notre Sainte Mère Marie l’Egyptienne / 09.04.1995 / N*15

Nous apprenons par sa biographie écrite par saint Sophrone patriarche de Jérusalem que « c’était une prostituée à Alexandrie au quatrième siècle ». Elle entreprit un pélerinage à Jérusalem où elle continua son métier. Lorsqu’elle voulut entrer à l’église de la Résurrection, une force divine l’en empêcha. Très impressionnée elle décida de changer de vie, se repentit et put entrer à l’église. Le même jour elle traversa le Jourdain et s’enfonça dans le désert où elle mena une vie si dure qu’aucun être humain ne peut la supporter. Elle priait seule Dieu seul. Vers le fin de sa vie un hiéromoine appelé Zosima vint la voir guidé par Dieu. Elle lui raconta sa vie et lui demanda de lui porter le corps du Christ. L’année suivante il lui donna la communion le Jeudi Saint. Elle mourut le même jour.

Elle est le modèle de ceux qui se repentent et qui combattent les passions par l’ascèse. Le feu du péché qui brûlait en elle est devenu le feu de l’amour divin. La tempête des passions fut calmée par la métanie sincère. Elle qui est tombée au plus bas du péché, est montée au plus haut de la sainteté. Quand il vit la sainteté briller sur son visage, Zosima, bien que prêtre, se prosterna jusqu’à terre. Par la grande ascèse elle a effacé toute pensée mauvaise de son âme, et elle a commencé à voir l’image de la chasteté. Elle n’a jamais douté que Jésus la libérerait de toute idée de péché qui pourrait l’attaquer dans la désert du Jourdain où vécurent beaucoup de grands ascètes.

Elle, dont la faiblesse s’est manifestée dans le fait qu’elle voulut  à la fois deux choses contradictoires: visiter les Lieux Saints et suivre sa passion, Dieu l’a établie devant le Crucifié. Elle qui a voulu voir la Sainte Croix, son amour de Jésus l’a crucifiée sur une croix invisible qui est devenue pour elle source de résurrection de tout ce qui s’était accroché à son esprit et à son coeur de souvenirs du corps effréné, récalcitrant. Elle, dont le coeur fut éteint par le péché a reçu la lumière du Christ dans ce même coeur et a été digne d’être appelée notre sainte mère dans le sens que sa vie nous inspire la sanctification pour que nous y devenions les habitants de la gloire divine. Elle, qui a négligé de réactiver son baptême par les vertus, a renouvelé ce baptême par les larmes. « Celui qui n’est pas baptisé par les larmes a été baptisé seulement dans l’eau » (Saint Syméon le Nouveau Théologien).

Elle est ainsi devenue une icône vivante du Christ comme l’était la semaine dernière, saint Jean l’auteur de l’Echelle Sainte. Avant de voir le Christ crucifié pendant la Semaine Sainte, nous voyons les siens, avant la fin du Carême, crucifiés eux aussi parce qu’ils ont « crucifié leur corps, les désirs et les passions ». Tout le Carême est une crucifixion spirituelle du vrai combattant, et pour nous, le plus grand combat est la repentance si elle est réellement un changement total de la vie.

La métanie est la permanence de la Résurrection en nous. Elle exige une lutte continue qui nous coûte de nous détacher de toute idée contraire au Christ. Le péché couvre la face du Seigneur et nous empêche de le voir. La pureté du coeur, sa simplicité et son humilité sont les signes de la Résurrection dans notre être profond.

Traduit de l’arabe.

Texte Original: « أمنا البارة مريم المصرية » – 09.04.1995

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1995, Articles, Raiati

L’arbre de vie / 26 mars 1995

Le troisième dimanche du Carême commence la semaine dans laquelle nous arrivons au milieu du jeûne. L’expérience de ceux qui jeûnent montre que certains se fatiguent au combat. Le jeûne est difficile parce qu’il prive de certains mets et parce qu’il est très sérieux de suivre les vertus évangéliques. L’Eglise vient donc réconforter les jeûneurs et leur dit – avant la Grande Semaine – que le Sauveur est mort pour eux et qu’ils sont appelés à ne pas se laisser aller et à continuer le chemin sans se lasser, pleins de la joie que donne la méditation du mystère du Christ dans son amour. Ce dimanche est donc une fête dans laquelle nous nous prosternons devant la Sainte Croix. A la fin de la grande doxologie le prêtre marche en procession portant la croix posée sur un plateau au milieu de fleurs et entourée de trois cierges allumés. Puis nous nous prosternons tous devant la croix posée sur une table devant les portes royales, nous embrassons la croix et nous recevons une fleur des mains du prêtre.

Pourquoi la croix est-elle posée au milieu de trois cierges, symbole très clair des trois personnes de la Sainte Trinité? C’est parce que Dieu a posé l’économie de la crucifixion de toute éternité. Le Seigneur a voulu montrer son amour des hommes par la venue du Fils incarné. Le Christ – comme disent les Ecritures – est immolé avant la création du monde dans le dessein de la Sainte Trinité. Les fleurs sont là pour montrer que celui qui accepte les souffrances du Christ et y voit son salut, ces souffrances deviennent pour lui source de joie.

En nous prosternant nous chantons « nous nous prosternons devant ta croix, Seigneur et nous glorifions ta résurrection », pour qu’il soit clair pour nous que la Croix nous mène à la Résurrection. En parlant de sa Passion le Seigneur dit: « Maintenant le Fils de l’homme a été glorifié et Dieu a été glorifié en lui » (Jean 13: 31), c’est à dire que la puissance de Dieu se manifeste dans la Passion du Sauveur. La victoire du Christ sur la mort a été accomplie quand il a accepté la mort. Et nous, si nous participons à la mort du Seigneur en mortifiant nos passions, nous participerons à sa victoire. Nous nous souvenons ici des paroles de l’apôtre: « Le langage de la Croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu » (1 Cor. 1:18).

Nous remarquons ici une position des Témoins de Jéhovah contre notre foi. Ils disent – comble de la stupidité -: pourquoi vénérez-vous la Croix? Est-ce qu’une mère vénère le fusil qui a tué son fils? Notre réponse à cette comparaison est simple: la mère hait l’instrument qui cause la perte de son fils. Pour nous la Croix était l’instrument de l’immolation du Christ pour que le Christ soit victorieux. Les témoins de Jéhovah n’ont-ils pas lu les Ecritures: « Pour moi que jamais je ne me glorifie sinon dans la Croix de notre Seigneur Jésus Christ » (Gal. 6:14). Y a -t-il une parole plus claire?

Sachant que l’axe de notre vie est l’Incarnation que nous avons reçue tout entière à la mort de notre Seigneur Jésus Christ, nous avons étendu le souvenir de la Croix sur chacun des jours de la quatrième semaine que nous commençons aujourd’hui. Par elle notre esprit se renouvelle par l’amour du Crucifié, et la grâce nous emporte vers la Grande Semaine afin que nous tenant devant le Crucifié le Grand Vendredi, nous soyons dignes de voir le Seigneur vainqueur.

Traduit de l’arabe.

Texte Original: شجرة الحياة

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1995, Articles, Raiati

Le deuxième dimanche / 19 mars 1995 / N*12

Le premier dimanche du Carême était un combat pour l’icône qui nous a attirés vers la lumière du Christ, car la Résurrection est diffuse tout au long du jeûne orthodoxe. Pour nous il n’y a pas de passage dans un tunnel noir au bout duquel vient la lumière éblouissante. Nous sommes toujours dans la lumière que nous jeûnions ou que nous soyons en fête.

Aujourd’hui vient le deuxième dimanche fête de saint Grégoire de Salonique dont le nom de famille est Palamas. Cette fête a été décidée en 1368 après deux conciles réunis dans les années quarante et cinquante du 14ème siècle et où l’Eglise a proclamé sa foi que la grâce divine qui nous sanctifie est lumière incréee et éternelle. L’Eglise a alors fait la distinction entre l’essence divine à laquelle personne ne participe et les énergies divines auxquelles nous participons et qui habitent en nous même si elles sont incréees. La force de sanctification qui est maintenant en nous est avec Dieu et elle vient en nous ici et maintenant.

Saint Grégoire a révélé cet enseignement enraciné dans la Tradition, et l’Eglise a confessé qu’elle y a toujours cru. Nous sommes donc dans une fête de la Lumière comme l’icône était fête de la Lumière et comme sera le troisième dimanche, fête de la Croix par laquelle la joie est venue au monde.

Notre saint a traversé un long combat contre ses ennemis qui niaient que la grâce est éternelle. Ils se préoccupaient de connaître Dieu par la raison et ce sous l’influence de l’église d’Occident. Saint Grégoire ne se souciait pas de la philosophie grecque qu’il avait étudiée, car il disait qu’il n’y a pas de connaissance sans pureté et que la connaissance par la raison ne délivre pas des passions.

La notion primordiale qui nous différencie de la philosophie grecque est que celle-ci méprise la matière, et nous, nous respectons la matière car le Fils de l’Homme l’a adoptée. Pour cela nous vénérons le Christ incarné et nous lui faisons une icône. Nous refusons la distinction entre l’âme et le corps; pendant le jeûne l’être humain est purifié corps et âme, et nous croyons que la Lumière divine se répand dans l’être tout entier. Pour cela nous recevons la communion pour la santé de l’âme et du corps. Nous serons rescussités âme et corps ensemble parce que le corps qui a adoré le Seigneur ici-bas et a reçu de Lui la Lumière, sera nécessairement rescussité le dernier jour.

L’unité de l’être humain fait que les saints sont transfigurés dès maintenent et qu’une lumière apparaît sur leur visage, lumière autre que la lumière du soleil. La lumière rayonne de leur intérieur comme la lumière de la divinité irradiait de la figure du Christ et de son corps sur le mont Thabor.

Pour cela nous comprenons en ce deuxième dimanche l’enseignement sur la Lumière divine, nous acquerons, par la métanie, plus de sérénité et nous devenons plus libres de nos passions, prêts à recevoir la Résurrection du Seigneur.

traduit de l’arabe.

Texte Original: الاحد الثاني من الصوم

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1994, Articles, Raiati

La majorité et la minorité/19 Juin 1994/N*25

Certaines personnes tiennent à être présentes aux yeux des autres et à être admirées par ceux-ci, alors que peu cherchent à être présents aux yeux de Dieu et à Le satisfaire. Certaines personnes sont désireuses d’être respectées pour leur apparence et pour ce qu’elles dépensent, tandis que d’autres essayent de respecter les gens par leur politesse, leur attention et leur aide, sans attendre une récompense ou un remerciement. Certains choquent, blessent, sont arrogants et imposent leur autorité et leur pouvoir, tandis que certains se cachent jusqu’à ce que la colère de Dieu prenne fin et prient pour les autres s’ils remarquent qu’ils ne peuvent pas les conseiller. Certains offrent de l’affection, tandis que d’autres cherchent l’affection, blâment, se disputent et punissent s’ils ne sont pas satisfaits de ce que font les autres.

Certaines personnes sont présentes si elles sont oubliées, et la plupart des gens sont présents s’ils sont  honorés, complimentés et soutenus. Certains craignent Dieu, et la plupart suscitent la crainte. Certains exercent le pouvoir de l’amour, alors que la plupart exercent le pouvoir de la force. Certains sont riches par leur pauvreté,  et la plupart sont pauvres par leur richesse. Certains sont convaincus que leur éloignement est un rapprochement de Dieu, et la plupart pensent que leur apparition leur permet d’exister.

Certaines personnes mangent beaucoup et boivent par crainte de mourir; et peu ne mangent et ne boivent pas par crainte de Dieu. Peu prient car ils croient au salut, tandis que la plupart ne prient pas une vraie et profonde prière parce qu’ils se contentent d’eux-mêmes. Peu voient la beauté partout, alors que la laideur prévaut aux yeux de la plupart. La plupart révèlent les faiblesses des autres par crainte de voir les siens, et peu ne les révèlent pas car ils savent qu’ils ne peuvent pas se cacher de Dieu. Peu ne parlent pas beaucoup, de peur des commérages, alors que la plupart bavardent parce qu’ils refusent de se corriger. La plupart sont furieux parce qu’ils n’aiment pas, tandis que peu sont silencieux lorsqu’ils aiment. Le furieux n’a point de paix, et le complaisant a une âme purifiée. Certains pensent que leur révolte les aide à réclamer leurs droits, alors que certains ne cessent d’être aimables car ils savent que cela guérit l’âme et protège les autres de leur colère.

La majorité se vante par manque de profondeur, alors que les profonds restent silencieux car ils cherchent la repentance. La majorité séduit pour contrôler, tandis que la minorité choisit la vertu en aspirant à la satisfaction divine. La majorité veut attirer l’attention de tous, tandis que la minorité tente d’éviter la gloire. Nombreux sont ceux qui organisent des festins somptueux pour qu’on dise qu’ils sont généreux, tandis que d’autres n’organisent des festins que rarement, parce qu’ils détestent la démesure. Beaucoup de gens croient que la prodigalité les rend plus respectueux, tandis que ceux qui dépensent peu économisent leur argent pour ceux qui en ont besoin. La majorité donne pour être connue, et la minorité donne pour être connue par Dieu.

Beaucoup de personnes discutent pour qu’on dise qu’elles sont intelligentes, tandis que les vrais intelligents discutent peu. Beaucoup de personnes montrent leurs connaissances afin qu’on sache qu’elles sont cultivées, tandis que ceux qui ont une connaissance approfondie ne parlent pas beaucoup, et sont plutôt discrets.

La plupart des gens sont fiers de leurs familles et du fait qu’elles soient nobles, alors que peu reconnaissent la grâce que Dieu a offerte pour eux et pour leurs familles. La majorité est fanatique de leur famille parce qu’ils sont fanatiques d’eux-mêmes, et la minorité avoue la modestie de leur lignage. La plupart des gens sont des tribus, et ont des querelles tribales, et peu aspirent à la compassion divine. La majorité désire un rang élevé dans le monde, et la minorité cherche le pardon divin pour jouir d’une place dans le Royaume uniquement. La majorité est superficielle, et la minorité est profonde. La majorité vit dans des illusions, et la minorité demande la réalité. La majorité est motivée par le rayonnement de leur monde, et la minorité aspire à un rayonnement de l’au-delà. La majorité est composée de corps, tandis que la minorité est composée de visages. La majorité est nourrie par le désir, tandis que la minorité est nourrie par l’austérité. La majorité est absurde, et la minorité vit dans le monde des sens. La majorité provient du monde, et la minorité provient de Dieu.

Traduit par Amani Haddad Texte original: « الأكثرية والأقلّية »

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1994, Articles, Raiati

La Sixième Semaine du Carême / 24.04.94 /N*17

Pendant cette dernière semaine du Carême nous nous préparons à trois événements: le samedi de Lazare, le dimanche des Rameaux et la Grande Semaine. Nous anticipons la Semaine Sainte en mentionnant Lazare et la montée du Christ à Jérusalem après qu’il eût ressuscité son ami. Lazare tombe malade le mardi. Ce même jour ses sœurs envoient des messagers au Maître. Il meurt mercredi. Le Maître le sait, non pas par d’autres messagers mais à cause de connaissance divine. Le Seigneur avance vers Béthanie où les gens sont en deuil. Samedi, le mort déjà en pourriture est ressuscité. Le Seigneur verse des larmes, mais il ressuscite son ami par sa voix.

La liturgie comprend l’événement ainsi: « O Christ Dieu, lorsque tu ressuscitas Lazare d’entre les morts avant ta passion, tu as réalisé la résurrection générale ». Si la résurrection de cet homme est possible, la nôtre l’est aussi. Mais les hymnes disent autre chose: « O mon Sauveur, lorsque tu as libéré Lazare de l’enfer, tu as réalisé ta propre résurrection », c’est à dire que ce miracle est l’image de ta résurrection. La différence entre les deux est que Lazare est ressuscité dans un corps ordinaire puis il est mort en temps voulu, mais que le Crist est ressuscité dans un corps de lumière sur lequel la mort n’a pas d’emprise.

Puis, en parlant de l’événement de Béthanie, l’Eglise nous rappelle que, pendant le Carême, nous devons quitter « l’amitié du corps » pour devenir les amis du Christ. « Nous étions endormis du sommeil des plaisirs, le cœur percé des flèches du démon. Nous étions dans le tombeau de la paresse et de l’insensibilité fermé par la porte du désespoir. Les messagers envoyés par les sœurs de Lazare sont le travail et la méditation qui raniment l’esprit endormi au tombeau comme un second Lazare ». Ainsi nous pourrons nous voir ressuscités par la repentance et l’ascèse.

Puis vient le dimanche des Rameaux où nous chantons le même tropaire que le samedi de Lazare comme si les deux fêtes étaient une seule fête qui manifeste le Christ un, dans sa divinité par la résurrection de son ami, et dans son humanité en montant sur l’ânon. Lorsque nous marchons dimanche en procession portant les branches de palmier, nous marchons ainsi avec le Christ vers Jérusalem. Puissent les adultes, non seulement les enfants, porter des cierges ornés de fleurs. Porter des branches de palmier et d’olivier c’est rencontrer le Christ par les vertus que nous avons acquises pendant le Carême. Et si nous n’obtenons aucune vertu pendant le jeûne, nous aurions passé cette période comme si elle n’était qu’un simple régime alimentaire.

Le Carême se termine le vendredi soir de la sixième semaine. Entre le samedi de Lazare et le samedi Saint il y a un autre jeûne. Nous passons ainsi d’un jeûne ascétique à un jeûne centré sur l’Eucharistie, sue le Corps et la Sang du Christ. Nous attendons l’Epoux et nous prions le Seigneur de nous rendre dignes de voir sa Passion.

Puis vient le dimanche des Rameaux. En Palestine les ermites revenaient à leurs monastères après avoir passé quarante jours dans le désert. Les laïcs ont eux aussi leur désert en eux-mêmes. Ainsi le monde entier s’unit par le retour de chacun de nous à son cœur qui est le Christ.  Nous marchons à la rencontre du Seigneur en portant la croix et en glorifiant Dieu par les vertus jusqu’au jour du Jugement où nous seront tous réunis en présence du Christ.

Ainsi vient la Grande Semaine. Nous y faison mémoire de la Passion du Seigneur, historiquement, et nous la réalisons dans les offices divins. Nous en faisons notre chemin vers la vie éternelle.

Si nous avons passé le temps du Carême dans la négligence sans nous soucier de sa profondeur spirituelle, il est possible de « nous rattraper » pendant la Grande Semaine. Alors il faudra jeûner, il faudra nous concentrer sur le Crucifié et participer aux offices du soir. Si nous nous repentons réellement, nous communirons au Corps du Christ pour devenir créatures nouvelles afin que la fête ne nous surprenne sans que nous en soyons dignes; car comment les lèvres peuvent-elles chanter sans que chante le cœur? Christ est ressuscité sans aucun doute. Mais comment profiter de sa Pâque si nous ne fortifions pas notre résolution de réssusciter avec Lui?

Traduit de l’arabe

Texte Original: “الأسبوع السادس من الصوم” 24.04.94

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1993, Articles, Raiati

La morale chrétienne /21 MARS 1993 / N*12

Certains lecteurs désirent que nous consacrions quelques articles au sujet de la morale. En réponse à cette demande, nous allons en premier lieu évoquer les Commandements divins que tout être humain est appelé à suivre à toute époque, puis  nous tenterons d’aborder des questions contemporaines qui nécessitent un nouveau mode de pensée, lequel doit toutefois se fonder sur la Parole divine immuable. Quelques-unes de ces questions sont relatives à l’éthique dans le monde des affaires et dans le domaine politique, tandis que d’autres se rapportent à la vie familiale, telles que l’avortement et l’insémination artificielle. Tant que ces sujets font partie intégrante de la pensée et des expériences des gens, il est impossible de les ignorer.

Bien qu’il soit facile de dire: «tu ne voleras point», il est beaucoup plus difficile d’accuser une personne pauvre et démunie de «voler» de la nourriture pour ses enfants affamés. Le commandement fait alors l’objet d’une explication. Et si l’avortement est, de toute évidence, interdit en vertu de la Parole divine et des lois anciennes, que pouvons-nous dire à une jeune fille serbe orthodoxe qui est tombée enceinte après avoir être violée par un soldat ennemi et qui a déclaré à la chaîne de télévision française: «Ce fœtus n’est pas mon enfant; c’est un monstre. Si je ne m’en débarrasse pas, je me tuerai». Certainement, il est parfois compliqué d’avoir une position claire sur une question qui relève de la morale.

Nous considérons que les principes éthiques généraux représentent des composantes communes et universelles de la conscience humaine. «Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux-mêmes; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage» (Romains 2: 14 et 15). Néanmoins, la conscience humaine peut être corrompue en raison des mauvais enseignements, de telle sorte que l’homme autorise ce que Dieu avait déjà interdit. Cela ne se limite pas uniquement aux païens et aux gentils, mais c’est aussi le cas de certains d’entre nous qui ont commis tant de péchés à tel point qu’ils se sont habitués à une telle conduite et qu’ils la justifient pour en profiter.

L’homme n’agit pas toujours selon sa conscience. Certains acceptent le concept de vengeance et le considèrent comme un symbole d’audace. D’autres acceptent le crime d’honneur et tuent leurs femmes ou leurs sœurs sans pitié si elles commettent un adultère. Plus couramment, certaines personnes monopolisent des marchandises et fixent des prix arbitraires sans se rendre compte de l’inhumanité de leurs actes. Il ya aussi des gens qui vendent des produits défectueux sans reproches de la conscience. D’ailleurs, cette dernière n’est pas suffisante puisqu’elle est altérée par le désir de profit, le désir du corps ou le désir de gloire. Le sens moral de la conscience peut parfois s’affaiblir, et ce n’est que la grâce divine qui est à même de le raviver.

La raison à elle seule ne peut pas nous conduire au bien car elle est perturbée par les désirs. Jésus est le sauveur de la raison. Pour cela, Dieu a voulu communiquer avec nous autrefois à travers Ses prophètes, non pas pour inventer la morale, mais pour nous rappeler les bonnes qualités qu’Il nous avait offertes lorsqu’Il nous créa à Son image. La morale réside dans nos âmes depuis l’aube des temps. Pourtant, nous avons ruiné l’image de Dieu en nous, et nous avons délaissé notre beauté originelle. Dieu n’impose rien de façon arbitraire, et Il ne nous défends pas de tuer ou de voler seulement parce que c’est Sa volonté. Dieu n’est pas un dictateur qui se comporte à Sa guise et qui édicte ce qu’Il veut. Il nous montre ce dont nous avons besoin pour que nous puissions vivre en jouissant de la beauté spirituelle. Il sait que le bien nous conduit à la joie et que souvent nous ne choisissons pas ce qui est pour notre bien. Comme il y a un suicide physique, il existe aussi un suicide spirituel. L’homme connait que son avidité l’amène à la mort physique; de la même façon, il ment, triche, hait et aime ses péchés tout en sachant qu’ils dégradent sa personnalité. À force de fauter, il nie le commandement et refuse son propre bien-être. Lorsque Dieu s’est aperçu que les péchés de l’homme provoquent sa mort, Il s’est révélé et a démontré Son amour. Il a également institué les règles morales qui purifient l’homme et le rapprochent de Dieu afin qu’il établisse avec Lui une relation de père et fils.

Bien sûr, il ne suffit pas de savoir le commandement pour le respecter. La misère de l’homme réside dans le fait qu’il connait les commandements mais ne les observe pas puisqu’il a besoin d’un renfort divin. Cependant, en l’absence de ces commandements, l’homme ne peut être sauvé. La révélation du commandement divin constitue le début du chemin. Pour achever ce dernier, nous devons aimer le Seigneur.

Traduit par Amani Haddad

Texte original: « الأخلاق المسيحية » – 21.03.93

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