Le nouvel an de l’Eglise commence pour nous le 1er septembre, le nouvel an civil commence aujourd’hui. La société a convenu, pour des raisons pratiques, de suivre le calendrier civil. Dans l’Eglise, nous faisons mémoire de la Circoncision du Seigneur. Son obédience, dans son corps, à la loi mosaïque, signifie pour nous la libération de la Loi par son sang. Nous entrons alors dans une vie nouvelle par le baptême. Et parce que nous avons été libérés de tout signe dans nos corps, la foi devient le seul lien entre nous et Dieu. Ceux qui sont déjà dans le royaume du Christ n’ont que faire de tout signe sensible. C’est pour cela que nous n’exigeons pas la circoncision des garçons chrétiens. Ceux qui veulent la pratiquer pour leur fils, pour des raisons de santé, sont libres de le faire.

Origène, un grand théologien d’Alexandrie, a écrit une belle page sur la circoncision; il dit: nous pratiquons la circoncision de nos sens afin de nous éloigner du péché: l’ouïe pour ne pas écouter ce qui est contraire à la chasteté, la vue pour ne pas regarder ce qui avilit la foi chrétienne. Autrement dit nous commençons l’année nouvelle dans la pureté sans passer la soirée aux tables de jeu ou en vaines réjouissances.

L’Eglise a placé le 1er janvier la fête d’un des plus grands évêques de l’histoire saint Basile le Grand décédé à 49 ans en 379. Il mérite cet adjectif de grand car il était grand dans l’ascèse, dans l’organisation de la liturgie et de la vie monastique, dans le service social et la résistance à l’autorité politique anti orthodoxe. Et sa contribution à la théologie était grande aussi. Le premier janvier, dans l’Eglise est un jour plein. Nous y entrons dans l’espérance, nous espérons que Dieu nous donne, en premier, des temps de paix, et, en second, des temps de prospérité économique. Nous prions beaucoup pour notre pays qui souffre à cause des crimes atroces qui y sont perpétrés contre les innocents. Ensuite il est nécessaire que chacun de nous prie pour que la paix et la sécurité soient données à tous. Nous prions pour que Dieu nous donne sa paix à tous dans notre pays pour que nous tentions de gagner notre vie et d’élever nos enfants sans danger et sans peur.

Avec la prière, un autre effort nous est demandé : que celui qui veut se porte volontaire pour jeûner un jour ou plus, afin que ce jeûne soit une sorte de prière pour que le Seigneur prenne le Liban dans sa miséricorde. L’année 2006 sera nouvelle si nos cœurs se renouvellent et se purifient. Et c’est seulement si nous arrivons à la conversion et décidons d’y rester, nous deviendrons nouveaux. Alors nous ne haïrons plus, nous n’aurons plus de rancune, nous n’insulterons plus personne, en espérant que Dieu voie cela et ne nous éprouve plus que ce que nous pouvons porter, et qu’il arrête la main de ceux qui veulent assassiner des politiques et des journalistes chez nous. Alors nous pourrons aller là où nous voulons sans peur.

Je suis triste de voir les fidèles peu nombreux à la liturgie aujourd’hui. Changez cette mauvaise habitude et venez à la table du Seigneur afin que vos âmes soient belles, libérées du mal, et que vous vous éleviez ensemble vers la face du Christ. Le temps passe, et en ce qui concerne la nourriture, le travail et la vie familiale, demain sera comme aujourd’hui. La vie économique passe par des hauts et des bas. Et nous sommes en général plus faibles que les mafias politiques qui sévissent dans le pays.

Il reste que chacun de nous peut devenir bon dans sa conduite personnelle. Que chacun de nous essaie de rendre son âme plus belle spirituellement, ainsi que les membres de sa famille. Si nous sommes nombreux à essayer, il en résultera sans doute une société meilleure et un gouvernement meilleur.

Traduit par Maud Nahas

Texte Original: « 2006 »