Placer la fête de «Tous les saints» en ce dimanche qui suit la Pentecôte relève de l’éducation spirituelle, l’Esprit Saint étant le Tuteur de la Sainteté – autant celle de l’Eglise que du croyant. L’expression «tous les saints» désigne les personnes canonisées et célébrées par un jour de fête durant l’année liturgique. Elle réfère également à ceux dont la sainteté ne fut pas reconnue officiellement par un acte de canonisation du Saint Synode.
L’épître aux Hébreux évoque les saints de l’Ancien Testament: d’abord Moïse, ensuite les prophètes auteurs de livres tels Esaïe, Ezéchiel, Jérémie, Daniel, enfin ceux qui n’ont pas laissé d’écrits, St Elie par exemple. L’auteur de l’épître décrit l’agonie et les souffrances endurées par ces saints, ajoutant quand même que ceux-ci n’arrivèrent pas à l’accomplissement sans nous, les chrétiens. C’est qu’ils devaient attendre la perfection accomplie par le Christ sur la Croix. Les personnages de l’Ancien Testament parvinrent à la sainteté, puis se mirent à l’attente du Christ. A l’époque du Nouveau Testament, ce sont ceux qui procédèrent de l’Evangile qui furent sanctifiés.
A travers le péricope évangélique, l’Apôtre présente une définition partielle de la sainteté en disant: «Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, je me déclarerai moi aussi pour lui devant mon Père qui est aux cieux». Dans le christianisme, il s’agit de faire une confession orale publique où l’on déclare appartenir au Seigneur. Nul ésotérisme chez nous, dans le sens où nous ne gardons pas secrète notre foi en Christ. Nous ne disons rien qui s’oppose à notre foi ou qui la contredise. Cette confession pourrait bien nous entraîner devant les bourreaux, ou même devant la mort. Sur ce, nous appelons «confesseurs» tous ceux qui subissent la torture de la part des ennemis, et «martyrs» ceux qui sont exécutés.
Le deuxième élément de la confession de foi est de porter la croix de Jésus – à savoir, tous les tourments de la vie présente – et de le suivre. Ce pourrait être des tourments quotidiens: au domicile, au travail, ou dans le cadre d’une activité sociale ou politique. Le troisième élément de sainteté est de renoncer aux maisons, aux frères et aux sœurs pour le nom de Jésus. Il est entendu par là qu’il ne faut nullement s’attacher aux choses de la terre. Cela ne signifie quand même pas abandonner son logement pour vivre dans la rue, mais plutôt de ne fixer son cœur ni sur des maisons, ni sur des voitures, ni sur le pouvoir et la domination. Tu es nécessiteux du Christ, et Lui fais en toi sa demeure. C’est à Lui que tu réserveras ta loyauté la plus sincère, non à tel dirigeant, tel parti, ou tel objet matériel. Il faut que ton cœur soit complètement absorbé dans le Christ, qu’Il devienne ta jouissance. Tu disposeras de toute autre chose selon le besoin. Quant aux membres de ta famille, tu leur offriras un service sincère. Ce service familial n’est autre que ta charité, dans laquelle tu engages le Christ. Cependant, il se pourrait que certaines personnes de ton entourage s’avèrent un empêchement à ton contact avec Jésus. Ton gagne-pain pourrait autant gêner ta familiarité avec Jésus. Telles gens se rejoignent par les intérêts des adversaires du Christ; tu les quitteras. Tout en priant pour eux, tu te garderas bien de leur société. Le plus important est que le Christ occupe ton esprit par l’ensemble de son enseignement, jusqu’à t’en nourrir. Il te faut savoir où tu te trouves, et qui sont tes familiers. Il faut savoir où est centré ton cœur. Est-ce en Christ? Tu le sauras en suivant ses commandements, selon sa parole: «Celui qui m’aime gardera mes commandements». Le Christ est tout. Porte les gens à s’attacher à lui, et tout ira bien pour toi. Ne pas t’y adonner serait te dissiper en vain. L’important est que ta vie prenne source dans le Seigneur
Traduit par Monastère de Kaftoun
Texte original: « أحد جميع القديسين » – 19.06.2011-Raiati no25
